Les Femelles de Joyce Carol Oates

Publié le par Parluisaud

oates-les-femelles1.jpgJe vous préviens tout de suite : GROS COUP DE COEUR ! Pas autant que le Patti Smith, mais j'ai pris un plaisir immense à lire enfin ce recueil de nouvelles qui me faisait de l'oeil depuis un moment et à découvrir cet auteur dont je n'avais rien lu. Neuf nouvelles, neuf histoires de meurtres, neuf histoires de femmes. J'avais lu la quatrième de couverture la première fois que je suis tombée sur le recueil et c'est d'ailleurs ça qui m'a donné envie. Puis, quand on me l'a offert, je n'ai pas vous la relire, j'avais un peu oublié ce que ça disait, je n'avais retenu, guidée par le titre, que la galerie de femmes présentées par Oates. Alors forcément, quand le sang commence à couler, que les personnages basculent, que la tension monte, je ne m'y attendais pas . 

Chaque nouvelle est construite comme un puzzle. Oates a éparpillé les morceaux quand vous commencez la première page et elle s'amuse ensuite à présenter différentes pièces possibles. Et vous assemblez, fasciné par ce qui est en train de se mettre en place sous vos yeux. Vous avez fini le puzzle quand vous avez un cadavre sur les bras. Parfois, l'horreur n'est pas là où on l'entend et finalement, certains de ces meurtres semblent moins terribles que ce qui les a motivés. Je pense par exemple à la nouvelle "Poupée : une ballade du Mississipi". Cette fille - de quel âge ? - que son père prostitue. 

La monstruosité ici se lit avec avidité. On veut savoir. Et Oates est parfaite en maîtresse d'une cérémonie macabre pour nous entraîner dans les tréfonds de l'âme humaine. Son écriture éclatée, polyphonique, haletante est le fil d'Ariane dans un labyrinthe. On le suit, on s'y accroche. On veut savoir. Et ce qui est remarquable, c'est qu'avec une économie de moyen, une précision psychologique et un art de la fiction assez fascinants, Oates arrive à nous satisfaire. On sait, toujours. Elle ne laisse aucune ambiguïté bancale sur les motifs, les choix, les histoires qui ont déterminé ces femmes à agir. Sauf peut-être dans la nouvelle "Faim", même si la logique du recueil plaide pour un certain choix.

Elles sont jeunes, parfois encore des enfants, ou plus vieilles, souvent blondes avec des coupes impeccables, mais Oates arrive à donner un panel de femmes assez large, frustrées, maltraitées, assoiffées d'amour ou de reconnaissance. Chacun de ces neuf puzzles télescope une multitude d'angoisses, de bassesses, de peurs, de douleurs, féminines ou masculines, les femelles pouvant exister car il y a des mâles (mais aussi d'autres femelles). Chacun de ces neuf puzzles apparaît comme une pièce d'un puzzle plus grand, qui constitue un tableau bien sombre d'une Amérique glauque où dans les foyers se terre l'horreur.

Comme dirait une amie : "white trash power".

 

Pssstt : envie de lire une BD ? Ou plutôt le prix de la révélation à Angoulême, La Parenthèse d'Elodie Durand ? J'ai une amie visionnaire qui l'avait chroniquée il y a quelques temps. Elle avait senti le talent !

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Hazel 04/05/2011 00:44


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lili 21/02/2011 13:47


oh, ça m'intéresse drôlement tout ça !


Violette 07/02/2011 20:31


oh moi aussi je suis tentée, très tentée!


Elisabeth 02/02/2011 11:44


Ne t'embête pas, il est en poche pour pas trop cher!


Elisabeth 31/01/2011 19:14


Voilà que ce recueil me fait de l'oeil grâce à toi!


Parla 31/01/2011 19:45



Je te l'envoie si tu veux !