Cinq matins de trop, Kenneth Cook

Publié le par Parluisaud

55457339_p.jpgC'est en lisant la critique de ma copine Lili sur ce livre que j'ai eu envie de le lire. Je ne connaissais ni ce roman, ni l'auteur, mais son court billet en disait suffisamment pour me mettre l'eau à la bouche. Ni une ni deux et dans son infime bonté, Lili m'a envoyé le livre chez moi, de l'autre côté de l'Atlantique, où j'ai pu le dévorer, complètement hypnotisée. Oui, hypnotisée, c'est bien le mot. Ce roman très bref vous prend et ne vous lâche plus, on se retrouve exactement comme le personnage principal, Grant, lorsqu'il vient de perdre au jeu : "Il fit demi-tour, et , les yeux hagards, sortit de l'établissement, dans la nuit, d'un pas rigide, comme hypnotisé par la gravité de sa perte. Ce que cette perte représentait pour lui était si crucial et douloureux qu'il n'arrivait pas à y penser. Autour d'un petit noeud bien serré au fond de son esprit bouillonnait la prise de conscience destructrice de ce qu'il venait de faire, mais jusqu'à ce que ce noeud se défasse, il était inutile de penser trop profondément à la suite des événements". Ces cinq journées que va passer Grant - instituteur dans un petit bled d'Australie et qui, voulant se rendre à Sydney pour les vacances, se trouve malgré lui "prisonnier" d'une ville poussiéreuse pleine de types louches - sont éprouvantes et le récit se déroule comme une spirale infernale. Un cauchemar. De ces cauchemars qu'on fait quand on a une grosse fièvre. Un délire impossible à arrêter, où notre conscience semble loin et impossible à rappeler à soi. Vous courrez et pourtant vous n'avancez pas : voilà ce que vit Grant pendant cinq journées, voilà ce que ressent le lecteur pendant 220 pages.  Prisonnier de ses mauvais choix, prisonnier de l'alcool, prisonnier de lui-même, Grant est soumis au bon vouloir des personnes qu'il rencontre. C'est une lecture physique : on boit avec Grant, on transpire avec Grant, on somnole avec Grant, on perd conscience avec Grant, on perd espoir avec lui. Le paroxysme du récit est atteint lors de l'hallucinante (et je pèse mes mots !) chasse nocturne aux kangourous... je n'en dis pas plus, car c'est difficile à décrire : il faut lire ce passage pour en faire l'incroyable expérience (et accrochez-vous !). On sort du roman épuisé, hagard, un peu nauséeux, un peu délirant, mais terriblement conscient d'une seule chose : la bouffée d'air frais qu'on peut respirer ; on est vivant. 

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Elisabeth 20/01/2011 16:47


Wahou ça semble dépoter comme livre! Je le mettrai demain en lien comme suggestion du livre du week-end!


Parla 31/01/2011 03:21



Merci pour le lien ! Oui c'est vraiment de la folie ce roman...



Irrégulière 19/01/2011 12:12


tu en parles bien !


Parla 20/01/2011 01:36



Merci !