Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 16:52

Manchette Fatale J'ai enfin lu Manchette ! C'est mon ami Paul Art qui va être content. Il faut dire que c'est son article pour le tout premier numéro des Fauteuses de trouble qui m'a donné envie de me plonger dans Fatale. C'est d'ailleurs lui qui m'avait déjà donné envie de lire  Versus d'Antoine Chainas. Je lis peu de romans noirs, à tort, car mon imaginaire est plutôt friand pour des ambiances meurtre/sang/mystère et psychopathes. Un reste d'adolescence gothique sans doute. Ma bonne résolution de 2012 était donc d'en lire plus, en commençant par tous ceux chroniqués par Paul Art pour les Fauteuses.

 

Que dire de Fatale ? Je ne raconterai pas ici l'intrigue, assez ténue d'ailleurs. Fatale c'est l'histoire d'une femme qui tue. On ne sait rien d'elle sauf qu'elle exécute des contrats qu'elle provoque elle-même en remuant la merde dans les milieux bourgeois de petites villes françaises. J'ai été absolument emballée, hypnotisée par les premiers chapitres et en particulier celui de la choucroute dans le train. J'ai aimé suivre la nouvelle identité de l'héroïne, sa rencontre avec le baron Jules, les secrets de la petite ville qui se dévoilent. Malheureusement, je suis restée sur ma faim. Pas tant à cause de l'énigme que reste l'héroïne que du récit qui perd de sa force et qui s'oriente vers un assez conventionnel face-à-face final. Je n'ai retrouvé la force de l'épisode de la choucroute et la puissance de l'écriture de Manchette que dans les dernières lignes, d'autant plus frustrantes du coup : "Femmes voluptueuses et philosophes, c'est à vous que je m'adresse". 

 

J'étais donc un peu déçue en refermant ce très court roman, mais il a cependant provoqué en moi l'envie d'approfondir l'oeuvre de Manchette.

Par Parluisaud
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 16:36

JM-Erre.jpg Je dois cette lecture à lili, car c'est grâce à un concours organisé sur son blog que j'ai gagné ce livre. Elle en avait fait son coup de coeur de décembre et avait eu la gentillesse de le faire partager à une chanceuse lectrice. Je fus celle-ci. 

 

Si le concours m'avait amusé (il fallait expliquer le pourquoi du nom de nos animaux domestiques), j'étais un peu plus sceptique sur le roman. J'avais un peu peur d'un roman juste drôle où l'humour ne serait qu'un prétexte pour cacher un vide littéraire.  Alors certes, ce ne sera pas pour moi le roman de l'année et je n'en garderai pas un souvenir impérissable, mais c'est un roman qui vaut le détour. Pour son humour, comme l'avait d'ailleurs souligné lili dans sa chronique, mais surtout pour sa réflexion sur la question de la création et de la fiction. 

 

Les premières m'ont un peu désarçonnée, mais je me suis vite fait à la forme épistolaire. Et c'est là un des points forts de ce livre : remettre au goût du jour le roman épistolaire et en tirer astucieusement partie. La narration est forcément biaisée par le regard des personnages, troublée également par les incursions en italique du narrateur que le lecteur prend comme des réflexions distanciées. Il n'en est pourtant rien et je peux difficilement vous en dire plus, car c'est non seulement épistolaire, mais c'est aussi un peu poilicier. Mais à peine. Juste pour le plaisir de mettre en abîme cette question de la fiction : que se passe-t-il ? Pourquoi ? Qui sont ces personnages ?

 

La galerie invraisemblable de fous furieux contenue dans ce roman paraît en effet hautement improbable, pire qu'un épisode de Plus belle la vie. Et pourtant, tout cela a bien un but. La première moitié du roman est donc plutôt lente, parfois un peu longue, car les personnages ne sont pas tous bien réussis ou fouillés, mais arrivé au point de non-retour, celui où commencent à poindre des hypothèses sur l'ensemble du roman, on se prend à un jeu bien tendu par un auteur qui prend un malin plaisir à se jouer des attentes de son lecteur.

 

Pas un grand roman, mais un livre qui fait passer un excellent moment !

Par Parluisaud
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 16:15

Après presque un an de mutisme total, je vais retrouver peu à peu la parole. C'est mon amie Elisabeth qui m'a donné envie de la reprendre.

Je commence en douceur avec le début d'une critique réalisée pour le numéro en cours des Fauteuses de trouble. D'autres, présentes sur ce blog, ont d'ailleurs été publiées dans des numéros précédents.

 

A très bientôt...

 

La Garçonne et l'assassin de Fabrice Virgili et Danièle Voldman

C’est une bien fascinante histoire que nous racontent Fabrice Virgili et Danièle Voldman dans La Garçonne et l’assassin. Une histoire de couple qui suit le cours de l’Histoire dans les années 20. Du couple, il en est question dès le titre trompeur qui fait apparaître les deux protagonistes. Mais la garçonne n’est pas celle que l’on croit et l’assassin non plus. Car c’est une histoire de trouble dans le genre. La garçonne, c’est le mari et l’assassin, l’épouse. Troubles du genre, troubles de l’Histoire : si Paul Grappe, marié à Louise Landy, tous deux ouvriers parisiens dans les années 1910, devient Suzanne Landgard, ce n’est ni par désir ni pour afficher une identité sexuelle qui se cherche : c’est pour échapper à la condamnation qui le menace après avoir été jugé déserteur lors de la Première Guerre Mondiale. Paul pousse la dissimulation et le changement d’identité au-delà des genres, mais continue de vivre avec Louise, à la mode garçonne.

 

Lire la suite.


 

 

Par Parluisaud
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Dimanche 27 février 2011 7 27 /02 /Fév /2011 14:13

Un petit mot pour vous dire que j'ai beaucoup de chose à faire en ce moment et que non seulement je trouve difficilement le temps de lire, mais aussi d'écrire les notes de lecture du peu que je lis.

J'essaie très vite de vous rendre compte de ma dernière lecture : La Route de Cormac McCarthy.

En attendant, vous pouvez aller trouver de nouvelles idées dans les blogs que j'ai mis en lien et notamment aller faire un tour chez Sophie qui vient d'ouvrir le sien très récemment ICI.

A très bientôt !

Par Parluisaud
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Lundi 31 janvier 2011 1 31 /01 /Jan /2011 02:43

oates-les-femelles1.jpgJe vous préviens tout de suite : GROS COUP DE COEUR ! Pas autant que le Patti Smith, mais j'ai pris un plaisir immense à lire enfin ce recueil de nouvelles qui me faisait de l'oeil depuis un moment et à découvrir cet auteur dont je n'avais rien lu. Neuf nouvelles, neuf histoires de meurtres, neuf histoires de femmes. J'avais lu la quatrième de couverture la première fois que je suis tombée sur le recueil et c'est d'ailleurs ça qui m'a donné envie. Puis, quand on me l'a offert, je n'ai pas vous la relire, j'avais un peu oublié ce que ça disait, je n'avais retenu, guidée par le titre, que la galerie de femmes présentées par Oates. Alors forcément, quand le sang commence à couler, que les personnages basculent, que la tension monte, je ne m'y attendais pas . 

Chaque nouvelle est construite comme un puzzle. Oates a éparpillé les morceaux quand vous commencez la première page et elle s'amuse ensuite à présenter différentes pièces possibles. Et vous assemblez, fasciné par ce qui est en train de se mettre en place sous vos yeux. Vous avez fini le puzzle quand vous avez un cadavre sur les bras. Parfois, l'horreur n'est pas là où on l'entend et finalement, certains de ces meurtres semblent moins terribles que ce qui les a motivés. Je pense par exemple à la nouvelle "Poupée : une ballade du Mississipi". Cette fille - de quel âge ? - que son père prostitue. 

La monstruosité ici se lit avec avidité. On veut savoir. Et Oates est parfaite en maîtresse d'une cérémonie macabre pour nous entraîner dans les tréfonds de l'âme humaine. Son écriture éclatée, polyphonique, haletante est le fil d'Ariane dans un labyrinthe. On le suit, on s'y accroche. On veut savoir. Et ce qui est remarquable, c'est qu'avec une économie de moyen, une précision psychologique et un art de la fiction assez fascinants, Oates arrive à nous satisfaire. On sait, toujours. Elle ne laisse aucune ambiguïté bancale sur les motifs, les choix, les histoires qui ont déterminé ces femmes à agir. Sauf peut-être dans la nouvelle "Faim", même si la logique du recueil plaide pour un certain choix.

Elles sont jeunes, parfois encore des enfants, ou plus vieilles, souvent blondes avec des coupes impeccables, mais Oates arrive à donner un panel de femmes assez large, frustrées, maltraitées, assoiffées d'amour ou de reconnaissance. Chacun de ces neuf puzzles télescope une multitude d'angoisses, de bassesses, de peurs, de douleurs, féminines ou masculines, les femelles pouvant exister car il y a des mâles (mais aussi d'autres femelles). Chacun de ces neuf puzzles apparaît comme une pièce d'un puzzle plus grand, qui constitue un tableau bien sombre d'une Amérique glauque où dans les foyers se terre l'horreur.

Comme dirait une amie : "white trash power".

 

Pssstt : envie de lire une BD ? Ou plutôt le prix de la révélation à Angoulême, La Parenthèse d'Elodie Durand ? J'ai une amie visionnaire qui l'avait chroniquée il y a quelques temps. Elle avait senti le talent !

Par Parluisaud
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